
Ce volume prouve la richesse et la variété de l'oeuvre romanesque
de Théophile Gautier. La Croix de Berny, roman steeple
chease (1845) est une entreprise originale : c'est un roman épistolaire
où quatre auteurs différents (Delphine de Girardin,
Joseph Méry, Jules Sandeau et Théophile Gautier) assument
chacun un personnage ; trois hommes amoureux de la même
femme poursuivent le bonheur à travers une intrigue très habilement,
mais inéluctablement, conduite, dans une quête de
l'absolu qui permet aux auteurs d'éviter les écueils de la banalité
et de la sentimentalité, toujours affleurants dans une oeuvre
destinée au grand public ; une forme d'ironie grinçante, bien
dans le goût des Romantiques, donne à l'oeuvre un ton très original.
Les Roués innocents (1846) sont un «roman sentimental»
qui utilise tous les stéréotypes et les procédés de ce genre, que
Gautier lui-même condamnait. Pourquoi alors ce roman ? Par
goût du pastiche, technique que Gautier a toujours affectionnée :
battre l'ennemi avec ses propre armes est bien dans la manière
de cet ironiste impénitent, cherchant la difficulté et pratiquant
avec délices le second degré. L'originalité de l'oeuvre naît d'un
savant mélange de science et de désinvolture. Militona (1847)
transporte le lecteur en Espagne. Le roman, profondément
inspiré par les voyages de Gautier, réunit tous les caractères du
roman populaire, mâtinés de mélodrame et de vaudeville, mais
Gautier s'y amuse autant que le public, qui lui accorda largement
ses suffrages. À travers la diversité de ces oeuvres se dessinent
les lignes fondamentales du microcosme de Gautier, le rôle
primordial de la femme et de l'amour dans la quête de l'absolu,
qui requiert, de la part de l'homme, engagement sans restriction
et don total de soi.
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